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Différence entre un verger et une forêt comestible

 

Les 11 et 12 décembre, nous avons commencé à planter une forêt comestible à Montcenis.


Mais quelles sont les différences avec un verger ?

 

La réponse en 10 points et une belle vidéo.

 

1- Différent par sa structure multi-étagée. On ne cultive pas une surface mais un volume . (Un jardin-foret utilise les 3 dimensions spatiales pourqu’un très grand nombre de plantes variées cohabitent sur un même terrain - Patrick Whitefield) . Il y a donc des grands arbres fruitiers + des arbustes + des lianes (vigne/kiwi/akébia...) + des plantes couvre-sol tel que des fraises, de la consoude, de l'ail des ours, du trèfle...

 

2- Différent par la conception : la meilleure manière de commencer un jardin-foret est de planter des plants , arbustes et arbres fixateurs d’azote ayant une croissance très rapide , capable de fertiliser et structurer rapidement le sol , de pousser en pleine lumière et en pleine chaleur , qui vont préparer le terrain aux arbres fruitiers ( luzerne , trèfle , vesce , fenugrec , leucaena , tipuana , acacia , etc. ). Dans notre forêt comestible il y aura des éléagnus (ebbingei, multiflora, umbellata) et des aulnes pour fixer l'azote. On laissera également se développer les acacias déjà présent sur le terrain.

 

3- Différent par la diversité : il ne s’agit pas seulement de disposer de 3 étages de végétation mais également de prévoir un mélange riche d’espèces et de variétés dans chacun d’eux . Si chaque espèce de plante est mélangée avec d’autres , les nuisibles et maladies ont plus de mal à se développer .

 

4- Différent par les alliés qui font le gros du travail :

 

- Les bactéries , les champignons , les acariens , les collemboles , les vers de terre etc. se chargent de la fertilisation du sol , de son labour , de son aération et de l’augmentation de sa microporosité , etc.

C'est pourquoi le sol n'est pas retourné au motoculteur et qu'on nourri cette biodiversité en lui donnant du carton, de la paille, du foin...

 

- Les oiseaux , les grenouilles , les scarabées , les lézards , les hérissons , les guêpes etc. , font la traque aux ravageurs

Des tas de branches et des mares ont été construits cette année.

 

- Les abeilles , les bourdons et d’autres insectes se chargent de la pollinisation.
C'est pourquoi on implantera des tilleuls, des saules (riche en propolis pour construire les alvéoles des ruches) mais aussi de la bourrache, des consoudes ou des lavandes qui sont des plantes adorées par ces pollinisateurs..

 

- Il est conseillé d’introduire de la volaille ( poules , canards , oies , cailles etc. ) pour désherber , fertiliser et traquer les ravageurs. C'est un projet dans quelques années quand les arbres seront un peu plus grand et moins sujet à être déracinés par les poules. Les poules aiment en effet manger les carpocapses, les vers de la pommes et empêche ainsi le ver de se démultiplier.

 

Dans un jardin-forêt on travaille avec la nature pas contre elle . Un jardin-forêt grouille de vie . C’est un havre de paix pour les animaux . On fait tout ce qu’il faut pour leur faciliter la tache : nids d’oiseaux , mangeoires , perchoirs , mares d’eau , hôtels d’insectes , haies etc.

 

5- Différent par la priorité ( pour ne pas dire exclusivité ) qu’on donne aux essences autochtones , alors qu’en monoculture c’est la course aux nouveaux cultivars . (Cultiver des plantes indigènes est une manière de travailler avec la nature , d’accepter ses dons au lieu de lui imposer nos désirs ) (Patrick Whitefield ) .

 

6- Différent par sa production : un jardin-foret produira des fruits très variés , des légumes , des noix du bois pour la construction et le chauffage , des volailles , des poissons , des champignons , des graines et proteines animales . Il garantit une autosuffisance en produits naturels , sains et délicieux le long de l’année . Le verger monocultural n’offre qu’un seul produit destiné au marché .

On aura ainsi des arbres "salades" (tilleul/toona), des arbres à noix (noisetier, gingko, araucana, pacanier), des poivriers du sichuan en plus des fruitiers classiques et des légumes. Il est prévu d'installer des abeilles et des poules pour la pollinisation et la fertilisation en plus de la diversité de produit alimentaire.

Il y aura aussi des plantes vivaces (ou se comportant comme) tel que de la rhubarbe, des topinambours, des pommes de terre (il faut oublier quelques petites pommes), de l'ail des ours, de l'ortie, de l'amarante...

Il y aura également de nombreuses plantes très bonne pour la santé (le tilleul pour les insomnies, ma menthe pour digéré, la consoude pour les plaies, le saule pour les maux de tête...)

 

7- Un jardin-foret est bien plus proche d’un écosystème naturel , alors qu’un verger en monoculture est une pure création humaine .On ne rencontre jamais dans la nature des forets ou des prairies en monoculture .

 

8- Dans un jardin-foret le sol n’est jamais travaillé , ni labouré . Il est labouré naturellement par la pénétration des racines des plantes et l’activité des micro-organismes, des petits animaux et des vers de terre .

 

9- Dans un jardin foret – comme dans la nature – le sol n’est jamais nu . En saison de végétation il est couvert d’engrais vert , d’adventices et de plantes potagères et en saison sèche de paille , foin , bois fragmenté etc.

 

10- Dans un jardin-foret on n’utilise ni engrais chimiques, ni herbicides , ni pesticides . (Laissé à lui-même le sol entretient naturellement sa fertilité en accord avec le cycle ordonné de la vie des plantes ) ( Fukuoka ) . Ce sont les plantes, les micro-organismes et les animaux qui fertilisent le sol . Ce sont les plantes qui soignent les plantes et les arbres .( Les « mauvaises « herbes jouent leur rôle dans la construction de la fertilité du sol et dans l’équilibre de la communauté biologique . C’est un principe fondamental que les mauvaises herbes devraient être contrôlées , non éliminées ) ( Fukuoka ).

 


  • 70 fruitiers classiques de variétés anciennes (pommiers, pruniers, pêchers, cerisiers, figuier, néflier...)
  • 160 arbustes à petits fruits (amélanchier, aronia, baie de mai, cornouiller, cassissier, groseiller, casseiller, goumi du japon)
  • 20 fruitiers moins connus (néflier du Japon, asiminier, kiwaïs, plaqueminier)
  • 10 arbres à salades (tilleul/toona)
  • 10 arbres à noix (araucana, gingko)
  • 140 fixateurs d'azote (Aulne, acacia, éléagnus)
  • De la consoude (riche en potasse, mellifère et comestible)
  • Des fleurs comestibles (onagre, bourrache, cosmos, capucine, calendula, hémérocalle...)
  • Des fleurs mellifères (lavande, romarin, fleurs de tilleuls, d'acacia, 2 saules (pour la propolis) et des arbustes à floraisons étalée tel que le néflier du japon ou les chalefs qui fleurissent en automne)
  • Des aromatiques/médicinales (mélisse, menthe, romarin, sauge, sarriette, thym, origan, mauves, 2 poivriers du sichuan puis dans quelques années de l'ail des ours)
  • ...Et ceci en plus de 2000m² de culture de légumes  (sans compter les plantes sauvages).

Les arbres seront plantés le plus jeune possible. Des scions d'un an si possible en racine nue (qui n'ont donc pas souffert d'un confinement dans un godet).

 

Les scions sont beaucoup plus économique que des arbres 1/2 tige mais ce n'est pas l'intérêt principal. Les plants s'adapteront rapidement aux caractéristiques de votre terrain et non aux caractéristiques du terreau mis dans les godets et aux micro-climats de la pépinière.


Je vous laisse visiter une magnifique forêt comestible développée il y a 10 ans à Diconne (entre Chalon et Louhans). Vous verrez que c'est très différent d'un verger.


Vous pouvez contribuer financièrement à développer la forêt comestible (et notamment la partie pédagogie) sur
https://bluebees.fr/fr/project/773-jardins-benefiques

 

Vous pouvez aussi nous aider en nous apportant des boutures de cassissier, groseillier, romarin, sauge, lavande ou nous aider à implanter de la consoude, des hémérocalle... et autres plantes comestibles ou médicinales et des plantes adaptées à une zone marécageuse.
Nous recherchons encore quelques pots en terre cuite permettant d'identifier les arbres. Les étiquettes sur les plants n'ont pas une durée de vie très longue.

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